Santé reproductive

Une baisse de la prévention en début de vie sexuelle

En 2023, 75,2 % des femmes et 84,5 % des hommes utilisent un préservatif lors de leur premier rapport sexuel

Les résultats de l’enquête CSF-2023 montrent une forte augmentation de l’utilisation d’un moyen de contraception lors du premier rapport sexuel entre le début des années 1960 et le milieu des années 2000, passant de 31,8 % pour les femmes et 23,1 % pour les hommes en 1959-1963, avant la légalisation de la contraception en 1967, à 98,3 % pour les femmes et 97,1 % pour les hommes en 2004-2006. Après avoir atteint son maximum, l’utilisation de contraceptifs lors du premier rapport sexuel a diminué pour atteindre 87,2 % chez les femmes et 92,3 % chez les hommes qui ont commencé à avoir des rapports sexuels entre 2019 et 2023. Des tendances similaires sont observées pour l’usage du préservatif lors du premier rapport sexuel, bien qu’il ait augmenté de manière plus frappante au cours des années 1980 et 1990, lorsque des campagnes de prévention ont été déployées pour lutter contre la propagation de l’infection à VIH. Le pourcentage d’usage du préservatif lors du premier rapport sexuel a ensuite diminué pour atteindre 75,2 % chez les femmes et 84,5 % chez les hommes au cours de la période la plus récente.

Le recul de l’âge médian au premier rapport sexuel observé dans les années les plus récentes ne coïncide donc pas avec une plus grande protection des premiers rapports sexuels. La baisse récente de la prévention au premier rapport, qui pourrait contribuer à l’augmentation des taux d’IST signalée depuis le début des années 2000, interroge les politiques de prévention actuelles.

Un paysage contraceptif en mutation

En 2023, 91,0 % des femmes de 18 à 49 ans concernées ont recours à un moyen de contraception, le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet) devient la méthode la plus utilisée (27,7 %) suivi de la pilule (26,8 %) et du préservatif (18,6 %)

En 2023, parmi les femmes de 18-49 ans concernées (c’est à dire les femmes ayant eu des rapports hétérosexuels dans l’année, non enceintes, non stériles et qui ne souhaitent pas être enceinte), la couverture contraceptive reste stable depuis 2016 (c’est à dire depuis la dernière enquête du Baromètre Santé qui posait des questions sur le sujet), mais 9,0 % des femmes déclarent n’utiliser aucune méthode de contraception. La distribution des méthodes contraceptives évolue de manière significative, révélant une désaffection croissante envers la pilule depuis 2005. Cette tendance s’est intensifiée après la crise médiatique autour des pilules de 3ème et 4ème génération en 2012 et se poursuit en 2023. En 2005, plus de la moitié des femmes (55,8 %) recouraient à la pilule contraceptive, mais cette proportion a chuté à 36,4 % en 2016, puis à 26,8 % en 2023. Dans le même temps, les femmes utilisent plus souvent le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet), qui devient la méthode la plus utilisée en 2023 (27,7 %), ou le préservatif (18,6 %). Les autres méthodes barrières et naturelles (retrait, calcul des dates, ogino, diaphragme) représentent 7,5 % des pratiques en 2023. Le recours à l’implant reste marginal en 2023, avec 4,4 % d’utilisatrices.

Ces évolutions sont particulièrement prononcées chez les femmes de 18 à 29 ans concernées par la contraception. L’utilisation de la pilule a chuté de 17,7 points (de 54,3 % en 2016 à 36,6 % en 2023), mais reste la méthode la plus utilisée, tandis que le recours au DIU progresse de 8 points (de 10,9 % en 2016 à 19,3 % en 2023) et l’utilisation du préservatif augmente de 4 points (de 18,6 % en 2016 à 22,3 % en 2023). La proportion de femmes de 18-29 ans sans couverture double sur la période (4,3 % en 2016 vs 8,7 % en 2023), mais reste minoritaire. Chez les femmes de 30-49 ans concernées, la pilule chute de 5 points (de 26,9 % en 2016 à 21,7 % en 2023) tandis que le préservatif augmente de 3 points (de 13,2 % en 2016 à 16,6 % en 2023). Enfin, les adolescentes âgées de 15-17 ans utilisent principalement la pilule en 2023 (48,4 %), suivi du préservatif (30,0 %) et des méthodes naturelles (6,2 %), et 13,0 % d’entre elles n’ont pas de couverture contraceptive.

Ces évolutions sont particulièrement prononcées chez les femmes de 18 à 29 ans concernées par la contraception. L’utilisation de la pilule a chuté de 17,7 points (de 54,3 % en 2016 à 36,6 % en 2023), mais reste la méthode la plus utilisée, tandis que le recours au DIU progresse de 8 points (de 10,9 % en 2016 à 19,3 % en 2023) et l’utilisation du préservatif augmente de 4 points (de 18,6 % en 2016 à 22,3 % en 2023). La proportion de femmes de 18-29 ans sans couverture double sur la période (4,3 % en 2016 vs 8,7 % en 2023), mais reste minoritaire. Chez les femmes de 30-49 ans concernées, la pilule chute de 5 points (de 26,9 % en 2016 à 21,7 % en 2023) tandis que le préservatif augmente de 3 points (de 13,2 % en 2016 à 16,6 % en 2023). Enfin, les adolescentes âgées de 15-17 ans utilisent principalement la pilule en 2023 (48,4 %), suivi du préservatif (30,0 %) et des méthodes naturelles (6,2 %), et 13,0 % d’entre elles n’ont pas de couverture contraceptive.

Des grossesses non souhaitées en augmentation

En 2023, 34,7 % des dernières grossesses survenues dans les 5 ans sont non souhaitées

En 2023, 12,8 % des femmes de 18 à 49 ans rapportent avoir eu une grossesse non souhaitée dans les 5 dernières années. C’est près de 4 points de plus qu’en 2016 (8,9 %), mais les différences de formulation des questions posées dans les enquêtes peuvent expliquer en partie les écarts observés. Cette augmentation se confirme toutefois, lorsqu’on retient une formulation commune d’une question portant sur la dernière grossesse dans les 5 ans, considérée comme non souhaitée (c’est à dire pas du tout ou plus tard ou ne se posait pas la question) dans 34,7 % des cas en 2023 versus 28,9 % en 2016. En 2023, 51,8 % des dernières grossesses survenues dans les 5 ans sont non souhaitées chez les jeunes femmes de 18 à 29 ans contre 27,8 % chez les 30-49 ans.

Ces évolutions concordent avec les estimations nationales des interruptions volontaires de grossesse (IVG) fondées sur les données du système national des données de santé (SNDS), qui évaluent un taux annuel passant de 13,9 IVG pour 1 000 femmes en 2016 à 16,8 pour 1 000 femmes en 2023.