Activités sexuelles

Âge au premier rapport sexuel : une remontée ces dernières années

En 2023, l’âge médian au premier rapport est de
18,2 ans pour les femmes et 17,7 ans pour les hommes

L’âge médian au premier rapport sexuel, c’est-à-dire l’âge auquel la moitié de la population a eu son premier rapport, a diminué de près de trois ans pour les femmes entre le début des années 1960 et le milieu des années 2000 (20,1 ans contre 17,3 ans) et d’un an et demi pour les hommes (18,8 ans contre 17,3 ans).

Depuis la fin des années 2010, les tendances se sont légèrement inversées avec une augmentation de l’âge médian au premier rapport sexuel pour les deux sexes. En 2019-2023, l’âge médian atteint ainsi 18,2 ans pour les femmes et 17,7 ans pour les hommes.

La remontée de l’âge médian au premier rapport sexuel s’observe également dans d’autres pays, notamment au Danemark, en Norvège, en Suède (Hansen et al. ; 2020) et aux États-Unis (Twenge et al. ; 2017).

Une augmentation du nombre de partenaires sexuel·les, un écart femmes/hommes qui reste important

En 2023, les femmes de 18-69 ans déclarent 7,9 partenaires en moyenne au cours de la vie et les hommes 16,4

Le nombre moyen de partenaires sexuel·les au cours de la vie chez les femmes de 18-69 ans ayant déjà eu un rapport sexuel a augmenté au fil du temps, passant de 3,4 partenaires en moyenne en 1992 à 4,5 en 2006 et à 7,9 en 2023. Pour les hommes, ces chiffres sont stables entre 1992 et 2006 (11,2 et 11,9 respectivement), et augmentent substantiellement pour atteindre 16,4 partenaires en moyenne en 2023.

Le multi-partenariat dans les 12 derniers mois, c’est-à-dire le fait d’avoir eu plusieurs partenaires sexuel·les dans la dernière année, augmente lui aussi, en particulier chez les jeunes de 18 à 29 ans, passant de 9,6 % en 1992 à 19,3 % en 2006 et 23,9 % en 2023 pour les femmes, et de 22,9 % en 1992 à 29,0 % en 2006 et 32,3 % en 2023 pour les hommes.

La diffusion des pratiques sexuelles

En 2023, 72,9 % des femmes et 92,6 % des hommes de 18-69 ans déclarent avoir déjà pratiqué la masturbation

Le répertoire des pratiques sexuelles s’est sensiblement diversifié au fil du temps, et de plus en plus d’hommes et de femmes déclarent avoir expérimenté d’autres pratiques sexuelles (masturbation, sexe oral et rapports anaux) que les rapports vaginaux.

A tous les âges, les personnes déclarent plus souvent avoir déjà pratiqué la masturbation. L’augmentation est beaucoup plus prononcée chez les femmes. En 1992, 42,4 % des femmes de 18 à 69 ans déclaraient s’être déjà masturbées, 56,5 % en 2006 et 72,9 % en 2023. Chez les hommes du même âge, cette pratique est intégrée aux répertoires sexuels de longue date et l’augmentation est moins marquée, passant de 82,8 % en 1992 à 89,9 % en 2006 et 92,6 % en 2023.

Le pourcentage de personnes ayant déjà expérimenté la fellation (réalisée ou reçue) au cours de la vie a également augmenté au fil du temps, passant de 63,2 % en 1992 à 78,3 % en 2006 et 84,4 % en 2023 chez les femmes, et de 75,3 % à 85,5 % et 90,5 % chez les hommes.

Des tendances similaires sont observées pour l’expérience du cunnilingus (réalisé ou reçu) au cours de la vie passant de 72,1 % en 1992 à 83,7 % en 2006 et 86,9 % en 2023 chez les femmes, et de 77,8 % à 85,7 % et 87,7 % chez les hommes.

La pratique de la pénétration anale (réalisée ou reçue) a également augmenté au fil du temps chez les femmes, passant de 23,4 % en 1992 à 35,2 % en 2006 et 38,9 % en 2023. L’augmentation est plus marquée chez les hommes passant de 29,6 % à 46,3 % et 57,4 %. Cette pratique est intégrée plus tardivement dans le répertoire sexuel, surtout chez les femmes, étant plus fréquente chez les personnes âgées de 30 à 39 ans que chez les 18-29 ans.

Ces évolutions donnent à voir l’élargissement des répertoires sexuels, observé depuis le début des années 1970, qui dessine une sexualité beaucoup plus diversifiée et de moins en moins restreinte aux rapports avec une pénétration vaginale. Il faut souligner que les écarts de déclarations entre les femmes et les hommes restent marqués, en particulier s’agissant de la pratique de la masturbation et de la pénétration anale.

Baisse de certains indicateurs d’activité sexuelle

En 2023, 77,2 % des femmes et 81,6 % des hommes de 18-69 ans déclarent avoir eu une activité sexuelle avec un partenaire au cours de l’année

L’activité sexuelle dans les 12 derniers mois ainsi que la fréquence des rapports dans les 4 dernières semaines ont diminué au fil du temps, pour les deux sexes et dans tous les groupes d’âge. En 1992, 86,4 % des femmes âgées de 18 à 69 ans avaient eu des rapports sexuels au cours de l’année écoulée ; cette proportion est passée à 82,9 % en 2006 et à 77,2 % en 2023. De même, le pourcentage d’hommes ayant eu des rapports sexuels au cours de l’année écoulée est passé de 92,1 % en 1992 à 89,1 % en 2006 et 81,6 % en 2023. La baisse est beaucoup moins marquée chez les personnes qui vivent en couple. Il reste que la très grande majorité de la population a eu une activité sexuelle dans l’année, y compris aux âges les plus avancés.

Les femmes qui n’ont pas eu de rapports sexuels dans l’année écoulée déclarent majoritairement que cette situation leur convient, notamment les plus jeunes et les plus âgées. Les hommes déclarent moins fréquemment se satisfaire d’une telle situation, notamment les 40-59 ans.

L’enquête montre également que, parmi les personnes de 18-69 ans ayant eu un rapport sexuel dans l’année, la fréquence de rapports dans les 4 dernières semaines a diminué de 8,1 en 1992 à 8,6 en 2006 et 6,0 en 2023 pour les femmes et de 9,0 en 1992 à 8,7 en 2006 et 6,7 en 2023 pour les hommes. Cette baisse s’observe également chez les couples cohabitants.

Par ailleurs, la proportion de personnes de 18-69 ans ayant eu souvent ou parfois des rapports sexuels pour faire plaisir à leur partenaire sans en avoir vraiment envie elles-mêmes a diminué depuis le milieu des années 2000 chez les femmes, passant de 50,9 % en 2006 à 43,7 % en 2023, alors qu’elle est restée stable chez les hommes (24,4 % en 2006 et 23,4 % en 2023).

Ces résultats interrogent sur la définition même d’un rapport sexuel, qui, si elle a pu évoluer au fil du temps, renvoie toujours majoritairement à un scénario qui comporte une pratique de pénétration vaginale ou anale. Ils sont aussi à mettre en perspective avec le développement d’autres formes d’expériences sexuelles que l’enquête donne à voir.

Ces tendances à la baisse, tant en ce qui concerne l’activité au cours des douze derniers mois que la fréquence des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines, se retrouvent également dans d’autres pays occidentaux, notamment au Royaume-Uni (Wellings et al.; 2019), en Allemagne (Beutel et al.; 2016) et aux États-Unis (Ueda et al.; 2020).

Une vie sexuelle qui se prolonge aux âges avancés

En 2023, 56,6 % des femmes et 73,8 % des hommes restent actifs sexuellement entre 50 et 89 ans

En 2023, 56,6 % des femmes et 73,8 % des hommes restent actifs sexuellement après 50 ans. L’absence d’activité sexuelle dans les 12 mois intervient plus tôt chez les femmes que les hommes. Une partie de ces différences s’explique par le fait d’être en couple au moment de l’enquête : chez les personnes en couple 77,2 % des femmes et 84,9 % des hommes ont eu une activité sexuelle dans les 12 mois. Par ailleurs, la différence entre hommes et femmes est moins marquée lorsque l’on tient compte de la satisfaction qui décline avec l’âge et plus rapidement chez les hommes que chez les femmes.